A la mémoire de notre ami ...

 
Alexandre

Le coeur lourd, je vous transmets le message de Philippe Penguy.

Michael
Mar eou tout non ket !!!

 

Pour les non-initiés, cette devise bretonne signifie : si les autres oui, moi pas. C’est par cette devise qu’Alexandre commençait ses duels, et cette devise est restée sienne jusqu’à la mort.

Oui, pour ceux qui l’ignorent encore, Alexandre Bourguignon nous a quittés dimanche, d’une crise cardiaque, à Madagascar. 41 ans, c’est un peu jeune pour tirer sa révérence, mais cet homme-là n’a jamais rien fait comme les autres. Erudit qui a quitté l’école de bonne heure, maitre d’Armes sans diplôme, écrivain non inscrit au répertoire de la SACD, il refusait les étiquettes et les conventions.

Alors attention, la rubrique nécrologique et les compliments post-mortem ne sont pas mon fort. Il avait, comme tant d’autres, des défauts énervants, mais je ne pense pas que c’est de cela que nous nous rappellerons.

Pour moi, qui l’ai connu il y a plus de 20 ans, c’était un prince de la plume et de l’épée, avec au cœur cette élégance qu’il avait effacée de son physique depuis plusieurs années. Sa parole longtemps a charmé les foules, ses coups de hache et de gueule célèbres vont nous manquer.

Ensemble, comme deux histrions obscurs, nous avons sillonné les salles de province et les places de foire comme les scènes prestigieuses, c’était un Porhos par l’apparence, un Aramis par la délicatesse, un Athos par le respect qu’il imposait.

Sous ce physique impressionnant, la pointe de l’épée savait se faire légère, et la voix tonitruante du tyran devenir douce comme celle de l’Adonis.

Il était, comme nous souhaitons tous l’être en ce métier de baladin, un paradoxe, une chimère, une gageure. Je pense à tous ceux qui l’ont connu ou initié, à Gilles, à Bob, à Daniel, et puis à Madeleine et Michel, ses parents. Que faire, que dire de ce Ménélas, de ce péquenot, de ce Ash, de ces moines ou de ces bretteurs qu’il incarna et qui resteront dans nos mémoires.

Je crois toutefois qu’à Madagascar, il semblait trouver un peu de paix et joie, cela me réconforte. J’aurais juste souhaité que cela dure encore un peu… deux ou trois dizaines d’années.

Une messe sera dite bientôt en sa mémoire, je vous  tiendrai informés…

Mar eou tout non ket !!! A quoi je réponds une dernière fois : Cœur et conscience !

Philippe Penguy

 
 
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