Guide Pratique Escrime Artistique de Michel Palvadeau

 
 
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Guide Pratique Escrime Artistique de Michel Palvadeau

Archimbaud-Adda Editeurs/Paris-1993

Dès le début, j’ai été impressionné par la clarté de ce livre et l’ambition de Michel Palvadeau de nous fournir une œuvre pratique, de nous transmettre « …ce que j’ai reçu à ceux qui souhaitent en profiter. »
Il ne se perd pas en auto félicitations, ne se raconte pas et n’est pas complaisant. Il rend hommage aux maîtres tout en écrivant ce qu’il a envie de nous faire entendre. Bien conscient que l’escrime est un art à multiples facettes, il est le premier auteur contemporain de langue française à nous proposer ses définitions des escrimes sportive, de duel, ancienne, artistique et de combat.

« La précaution première sera de les [les lecteurs] débarrasser des contre-vérités transmises par une tradition orale douteuse pour les remplacer par des repères avérés et fiables dans les diverses pratiques incluses dans le mot générique escrime. » Le défi est lancé dès l’introduction et l’auteur s’en sort avec brio, que dis-je, avec panache.

Le livre se concentre sur l’escrime des « grands siècles », Palvadeau fait délibérément l’impasse sur le Moyen Age. Brièvement, il résume l’histoire de l’épée sur quatre siècles pour enchaîner sur la condition physique et l’échauffement.

La première partie de l’œuvre est purement technique. Nous y trouvons les noms des actions d’escrime et leurs explications. Et quand ça lui semble plus éclairant, l’auteur donne la parole aux maîtres anciens. Ainsi, Girard nous parle des gardes différentes, Cordelois de la fente et Liancourt des voltes.

La deuxième partie commence par un chapitre sur la création et la présentation des scènes de combat. Il est vite évident que l’auteur nous communique ses propres expériences et qu’il connaît ses sujets, parmi lesquels les actions et bottes utilisées dans le spectacle, s’aidant toujours des maîtres. Pas d’indications superflues sur la mise en scène, pas d’interprétations hasardeuses des scènes d’escrime classiques. Remarquable chapitre sur les saluts : après un hommage au maître Carliez pour ses grands saluts de cour, il nous présente huit saluts de salle, la plupart avec leurs textes d’origines.

Michel Palvadeau ne réussit pas seulement à nous enthousiasmer pour son art. Par ses nombreuses citations des traités historiques, il renoue le lien avec les bretteurs d’antan et reprend le flambeau d’un Egerton Castle et d’un de Bazancourt.

Maîtres, escrimeurs du monde entier, à vos plumes !

Michael Müller-Hewe
r (2009)