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  "L'Escrime Artistique" de M. Bac H. Tau

Thepsis, 2008

 
 

Je me permets de revenir au sujet principal, le livre de maître Bac "L'Escrime Artistique".
D'abord, ce n'est pas parceque il n'y a rien sur se sujet en langue française qui tient qu'il n'y a rien sur le marché.
Je ne parlerais même pas des livres dans ma langue maternelle, mais les anglophones ont inondé le monde avec des livres sur "stage fighting". Je vais citer que quatre, qui sont aujourd'hui des grands classiques:
- Stage Combat de William Hobbs
- Swashbuckling de Richard Lane
- Fight Directing de Allen Suddeth et last not least
- Actors on Guard de Dale Anthony Girard.
C'est malheureux, pour les livres en langue française on n'est pas gâté ...

Qu'est-ce qu'y est faux dans ce livre?
Par exemple toutes les informations sur la FIE. Il est faux et il faut le dire une fois pour tout, que la FIE s'intéresse de près ou de loin à l'escrime artistique. Depuis qqs années entre FIE et AAI il n'y a pratiquement aucun contacte. La FIE s'occupe exclusivement de l'escrime de haute niveau. Par conséquence elle ne délivre aucune licence pour des escrimeurs artistiques. D'ailleurs, aucun tireur peut faire une demande de licence, qui en plus n'est pas lié à une assurance RC, elle est faite par les fédérations nationaux.
Quelqu'un peut s'imaginer la FFE faire des demandes de licences pour des escrimeurs artistiques? Mais c'est vraiment qu'un détail.

Passons aux choses plus intéressantes. Voilà qqs points, qui me chiffonnent un peu:

1. M. Bac, comme tous ses prédécesseur, nous ne donne aucune définition de l'escrime artistique. Il se contente, page 245, avec la définition AAF. (Copie conforme)

2. Il a omis de nous donner une liste de source et une bibliographie, or beaucoup de ses croquis sont des copies des gravures d'Angelo, Capo Ferro, Marrozzo, Agrippa et d'autres, que je n'ai pas de problème de retrouver dans ma bibliothèque. Et d'où il tient ses informations de ce qu'il appel "l'escrime historique"?
D'ailleurs beaucoup de ses affirmations ne résisteront pas à une confrontation avec les sources.

3. Mon sujet préféré, la sécurité: Il en parle beaucoup, mais sans donner des détails ou des vraies consignes.
Ses dix "règles de sécurité" sont digne d'une salle de gym, aucun consigne pour le maniement des armes, essentiel à l'escrime. Après nous trouvons des phrases comme "De plus, aucune laxisme n'est permis pour ce qui est de la sécurité des participants (ou du public)." ... et puis plus rien (Costumes ...p. 6).

Cette phrase " ... rappeler que bien que ses armes soient à bout arrondi, ce sont toujours des armes dangereuses ..." (p. 17) reste sa seule indication par rapport d'une arme sécurisée. "Pour que l'attaque paraisse authentique, on a recours à des mesures de sécurité directes ou autres."(p.84) Encore une phrase qui ne veut rien dire puisque aucune explication ne suit.

Le temps d'escrime et la distance sont des éléments important de la sécurité, le petit chapitre intitulé "le temps" n'en parle même pas. C'est pourtant un sujet qu'il a su bien expliquer dans d'autres livres.

Pour la distance il parle de "hors distance" et donne une consigne pour fixer la mesure ... à l'arrêt. Comment maintenir et contrôler la distance pendant le combat? Mystère.
Il fixe la mesure pour le coup d'estoc. Et le coup de taille? Au plus tard que depuis Marrozzo nous savons que la mesure est différente.

Ridicule et remplis de platitudes, les six lignes sur "les coups touchés ou blessures", pourtant un sujet riche et important.

PAR CONTRE, à plusieurs reprises il fait allusion ou parle même concrètement d'une attaque au visage. Et sur les quatre désarmements décrit trois font volé l'arme dans l'aire. Je considère, et là je suis en accord avec beaucoup de collègues chorégraphe de combat, une arme qui vole et une attaque porté vers le visage comme faute professionnelle à cause des risques pour les participants (et public).

Bon, ici je vais m'arrêter. Je pourrais écrire encore des pages en parlant de ses saluts d'inspiration carliezienne sans cité d'ailleurs ni M.Carliez ou M.Pradel, qui nous a quand-même pondu un petit cahier sur les saluts (qui est probablement à l'origine de ces 20 copies, tellement ça se ressemble) ou ses petits phrases comme "Il faut avoir de nobles aspirations et pour y parvenir, étudier avec persévérance."

Pas mal par contre les chapitre 13 à 16. Là il est dans sont élément, il parle d'escrime classique. Très bien aussi le moment où il parle d'attaque contre une cible précise. C'est de ma connaissance le seul texte en français
qui "explique" cette technique et c'est un des rares points que je partage avec lui. Malheureusement il ne résiste pas à la tentation de rendre les choses compliquées. Indiqué 19 cibles est peut-être un peut exagéré.

Bref, il décrit bien le contenu dans une phrase: "Ce livre est le fondement même de cette enseignement que j'ai reçu." C'est vrai, à la lecture je me sentais envahis des souvenirs d'il y a 25 ans.

Désolé, j'ai vraiment espéré de trouver un œuvre "... avec beaucoup de pédagogie, de clarté ...", comme l'a écrit le cher président Roch, qui ne l'a certainement même pas ouvert. Je suis le premier déçu, surtout en connaissant d'autres livres de M. Bac.

Je ne suis certainement pas diplomate avec mes critiques, déjà je n'arrive pas moi-même de coucher quelque chose sur le papier. Et je n'ai pas envie de suivre l'exemple de Danet ou de Silver.
Mais est-ce que c'est une raison de ne rien dire?